Description
À Elefsina, port industriel, un homme retraité, un rêveur arpente chaque jour les quais, son appareil photo à la main. Silencieux, il n’a jamais navigué et pourtant, son œil scrute l’horizon, et suit chaque départ de bateau. Des navires partent vers des destinations lointaines, des mers inconnues…autant de réalités qu’il n’a jamais vécues, qui le fascinent depuis l’enfance, et qu’il tente de capturer à travers ses images, tandis que le cinéaste le filme inlassablement avec en arrière-plan le va-et-vient des porte-container, les cris des mouettes, et les tons gris bleus de la mer et du ciel.
Qui est cet homme ? Un ancien employé de bureau, un peu triste, nostalgique de ce qu’il n’a pas eu l’occasion de vivre ? Qu’importe. Un amoureux de la mer, de l’horizon, et de la photographie. Chaque jour il arrive à bicyclette et arpente le port, son appareil photo en main, en quête non pas d’une réalité qu’il chercherait à documenter, mais d’un voyage, d’une lumière, d’un rêve. Navigateur de l’imaginaire, voyageur immobile, dont le regard et l’esprit seuls se meuvent dans l’espace et le temps. Pas tout-à-fait-muet cependant car la voix off nous restitue par bribes ses pensées.
Le port d’Elefsina devient alors la scène d’une Odyssée intérieure, mue par des désirs jamais assouvis, le silence peuplé des bruits du port, et le paysage du port industriel qui s’ouvre sur l’infini de la mer. Au bout de ce voyage, quelle Ithaque ? Promesse d’un assouvissement…éternel recommencement…ou quête sans fin de l’homme ou de l’artiste qui inlassablement tente de donner forme à son désir… n’est-ce pas finalement cette démarche même que Takis Bardakos, directeur de la photographie et auteur du film, nous donne à voir de façon si poétique ?
